Enquête réalisée par Toluna-Harris Interactive en ligne du 26 au 28 août 2025. Échantillon de 1 063 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).
Paris, le 29 août,
Tous les mois, Toluna Harris Interactive réalise en partenariat avec LCI un baromètre de confiance politique.
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Que retenir de cette étude ?
Alors que planent deux dates importantes : les 8 et 10 septembre prochain, le couple exécutif poursuit sa baisse. Emmanuel Macron (27%) perd un point de confiance et se situe au niveau le plus bas mesuré depuis 2017. Le regard porté à l’égard de François Bayrou se dégrade également d’un point (21%). Cette étude, réalisée après la conférence de presse du Premier ministre, fait apparaitre la poursuite de la baisse conjuguée mesurée depuis plusieurs mois. Le président de la République ne profite pas, ce mois-ci, de son activité au niveau international et François Bayrou de son appel à la responsabilité des formations politiques.
Nous avions identifié le mois dernier une baisse pour la quasi-totalité du gouvernement. Ce mois-ci si la tendance est à nouveau baissière, remarquons qu’elle est caractérisée pour Bruno Retailleau (39%, -4) ou encore Sébastien Lecornu (34%, -3) alors qu’Elisabeth Borne progresse (23%, +2). Dans ce contexte, Gérald Darmanin (39%, stable) devient – à égalité avec celui de l’Intérieur – le ministre générant le plus de confiance.
Sans préjuger du vote des députés le 8 septembre prochain, sans non plus préjuger (si la confiance ne devait pas être accordée à François Bayrou) de la décision que prendra Emmanuel Macron, rien ne nous empêche de comparer les structures de confiance de deux « premiers ministrables » à savoir Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu. Remarquons que la moyenne de confiance de l’ensemble des ministres (calcul on le sait quelque peu théorique) a baissé de 3 points au cours de ces neuf derniers mois. Dans un même élan, le ministre de l’Intérieur et celui de la Défense ont vu respectivement la confiance à leur égard baisser de 2 et 8 points.
Aujourd’hui, notons que les femmes accordent plus leur confiance à Gérald Darmanin qu’à Sébastien Lecornu mais surtout que les personnes âgées de 50 à 65 ans voire de 65 ans plus répondent plus favorablement lorsqu’elles sont invitées à se prononcer sur le ministre de la Justice qu’à celui de la Défense.
De même, politiquement, remarquons que Gérald Darmanin bénéficie d’une plus forte confiance des sympathisants d’Ensemble (+ 5 points), des LR (+12 points) voire du RN (+12 également) alors que Sébastien Lecornu bénéficie d’un regard (et cela pourrait apparaitre contre-intuitif au regard des portefeuilles) plus bienveillant des sympathisants de gauche, notamment socialistes (+15 points).Une partie de l’équation se situe dans ces données.
Si l’on se penche sur la confiance à l’égard des autres personnalités, on observe une structure inchangée : Jordan Bardella et Marine Le Pen bénéficiant de la confiance de près de 4 Français sur 10, Édouard Philippe de près d’un tiers -32%) suivi de Gabriel Attal (30%) et de Marion Maréchal (26%). Seuls un quart des Français accordent leur confiance à des sociaux-démocrates (Raphaël Glucksmann, 26% ou Bernard Cazeneuve, 26%), 16% à Jean-Luc Mélenchon, 15% à Marine Tondelier…. Dans cette période marquée par les enjeux budgétaires et quand bien même des critiques manifestes ont été exprimées par les Français (rappelons que 55% des personnes interrogées se déclaraient tout à fait opposées à la suppression de deux jours fériés) la gauche ne semble pas profiter de ce que nombre de nos concitoyens considèrent comme des acquis sociaux rognés. De même, le mouvement du 10 septembre invitant les Français à « tout bloquer » ce jour-là ne semble pas profitable aux dirigeants de gauche (Jean-Luc Mélenchon passe de 14 à 16 points de confiance).
Ce mois d’août ressemble nettement à une forme de fin d’été en pente douce. Pente douce d’opinion avec des logiques identifiées depuis plusieurs mois qui se prolongent. Le débouché de la pente risque d’être un peu brutal.
Téléchargez aussi notre question du mois : Les Français et le déficit public