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Bilan de l’année 2025 et perspectives pour l’année 2026

Enquête réalisée par Toluna Harris Interactive en ligne les 29 et 30 décembre 2025. Échantillon de 2767 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e). 

Paris, le 5 janvier,

Depuis plus de 15 ans en toute fin d’année, Toluna Harris Interactive et RTL invitent les Français à partager leurs sentiments sur l’année qui vient de s’écouler et la façon dont ils envisagent les 12 mois à venir. Alors que les derniers mois ont été marqués par un nouveau changement de gouvernement et des débats parlementaires longs et animés comme l’année précédente sur le vote du budget, dans un contexte géopolitique international toujours lourd de menaces (incertitudes sur les suites du conflit entre l’Ukraine et la Russie notamment), comment les Français jugent-ils 2025 et entrevoient-ils 2026 ? Quelles sont leurs attentes personnelles et collectives pour les 12 prochains mois ? 

Que retenir de cette enquête ? 

Les dernières vagues de ce baromètre annuel Toluna Harris Interactive pour RTL avaient été marquées par de spectaculaires mouvements d’opinion liés à l’actualité : traumatisme des années Covid, inquiétude majeure à l’égard du pouvoir d’achat depuis 2022, percée importante de l’enjeu des déficits et de la dette l’an dernier, etc. Cette 17e vague est dominée quant à elle par un sentiment de continuité par rapport aux indicateurs mesurés l’année dernière, même si quelques évolutions intéressantes méritent d’être relevées. 

  • Continuité tout d’abord dans le bilan que les Français font de l’année écoulée. Après la parenthèse des années Covid marquées par un pessimisme largement partagé au sein de la société, la vague 2023 avait constitué une sorte de « retour à la normale », avec des représentations beaucoup plus nuancées et proches de celles enregistrées durant la décennie 2009-2019. Cette nouvelle vague, tout comme celle de l’année dernière, s’inscrit dans cette logique, puisque 50% des Français portent un regard positif sur l’année 2025 pour eux-mêmes et pour leurs proches (+1 point par rapport à 2024), alors que celui-ci est majoritairement négatif pour l’autre moitié de la population. Ils se montrent tout aussi partagés dès lors qu’il s’agit de se projeter sur l’année à venir. Ainsi, un peu moins d’un Français sur deux (49%) se déclare optimiste à titre personnel pour l’année 2026, soit 1 point de moins que l’année dernière, contre 51% qui s’affichent majoritairement pessimistes. Si ces lignes de partage traversent l’ensemble de la population, les plus jeunes, les actifs et les sympathisants Renaissance se montrent plus positifs que la moyenne, que ce soit concernant leur regard sur l’année passée ou leur projection vers l’avenir. 
  • Spontanément, que souhaitent les Français pour leur pays en 2025 ? Là encore, c’est la continuité qui l’emporte par rapport à ce que l’on a pu constater en fin d’année dernière. Le désir de « paix », au centre de leurs aspirations depuis plusieurs années et le déclenchement du conflit entre l’Ukraine et la Russie, reste largement exprimé. Comme l’an dernier, il s’accompagne toutefois de vœux à tonalité nettement politique avec de fortes attentes à l’égard du « gouvernement » pour 2026, les thématiques complémentaires émergeant de manière spontanée concernant une nouvelle fois le pouvoir d’achat, la sécurité et l’immigration (on note que la question du budget de la dette est relativement peu évoquée en spontané). 
  • Dans le détail, les cinq domaines d’action que les Français jugent les plus prioritaires pour le gouvernement en 2025 restent identiques à ceux de l’an dernier, mais dans un ordre légèrement différent. Ainsi, l’insécurité poursuit la progression importante entamée depuis quelques années et reprend la première place (75%, +2 points par rapport à l’an dernier, mais +17 en quatre ans), devant le pouvoir d’achat (74%, -2 depuis un an), le système social (70%, =), la lutte contre le terrorisme (69%, +3) et l’éducation (65%, -3). En fin de classement, les sujets considérés comme les moins prioritaires restent également les mêmes que l’an dernier (lutte contre la Covid-19, culture, place de la France en Europe, recherche et innovation). 
  • De manière générale, on n’observe aucun mouvement aussi spectaculaire que ceux enregistrés les années précédentes sur certains sujets, les évolutions maximales se cantonnant dans une fourchette de plus ou moins 4 points cette année. Certaines évolutions peuvent toutefois être relevées. Si la remontée de l’insécurité en tête des préoccupations et la progression de la lutte contre le terrorisme traduisent une consolidation des inquiétudes sur le plan sécuritaire, deux domaines d’action suscitent des attentes plus importantes que l’an dernier : la paix en Europe, compte tenu des incertitudes actuelles sur le devenir du conflit entre l’Ukraine et la Russie (64%, +4), et la fiabilité des informations sur l’actualité, dans un contexte de préoccupation croissante à l’égard des fake news, alimentées par un paysage médiatique polarisé, ou encore le développement de l’intelligence artificielle (41%, +4). On peut également noter que les déficits publics et la dette d’un côté, l’agriculture d’un autre côté, qui avaient connu des progressions spectaculaires il y a un an (respectivement +16 et +11 points), restent au cœur de l’actualité en cette fin d’année 2025 et se maintiennent donc à des niveaux élevés (déficits et dette : 62%, = ; agriculture : 61%, +2). 
  • En revanche, deux types de domaines sont en léger retrait, poursuivant un mouvement de baisse plus durable. Il s’agit tout d’abord des thématiques environnementales. Ainsi, le dérèglement climatique n’est considéré comme un domaine d’action prioritaire pour le gouvernement que par 46% des Français, en baisse de 4 points sur un an, mais de 11 points sur trois ans. Même constat en ce qui concerne la transition énergétique (34%) qui, quant à elle, accuse une baisse de 3 points sur un an et 12 points sur trois ans. Enfin, la laïcité enregistre de son côté une baisse de 3 points sur un an (6 points sur deux ans), étant désormais considérée comme un domaine d’action prioritaire par 35% des Français. 
  • Si, on l’a vu, les Français sont partagés quant à la manière dont ils envisagent l’année 2026 de manière générale, ils se montrent plus sceptiques quand ils raisonnent thème par thème. En effet, on peut observer que presque aucun domaine ne suscite l’optimisme d’une majorité de Français pour l’avenir. Ceux qui enregistrent les niveaux de confiance relative les plus élevés sont bien souvent des sujets jugés parmi les moins prioritaires, comme la lutte contre la Covid-19 (59% des Français se disent optimistes pour l’année 2026), la culture (48%), la recherche et l’innovation (48%) et l’égalité femmes-hommes (48%). En revanche, comme par le passé, les thématiques pour lesquelles les Français se montrent le plus pessimistes font généralement partie de celles qu’ils jugent les plus prioritaires pour l’action gouvernementale (déficits publics et dette : seulement 18% d’optimistes, pouvoir d’achat : 23%, insécurité : 24%, système social : 24%). 
  • Cette perception aux accents de résignation sur les évolutions à venir semble se renforcer cette année, puisque ce pessimisme apparaît en hausse structurelle dans la plupart des domaines. Il n’existe en effet aucun thème pour lequel les Français s’afficheraient ne serait-ce qu’un peu plus optimistes que l’année dernière. Au mieux, on enregistre des scores similaires. Mais pour la plupart des domaines, les indicateurs d’optimisme sont en baisse de 1 à 5 points. Les reculs les plus marqués concernent la fiabilité des informations sur l’actualité, dont on a vu qu’elle est un domaine d’attente plus important cette année (31%, -5 points), l’agriculture (28%, -4), ainsi que la réforme de la fiscalité (26%, -3), l’insécurité (24%, -3), et les déficits publics/la dette (18%, -3). 
  • A l’occasion de cette vague de baromètre, les Français ont également été interrogés sur le vote du budget, au centre de l’actualité politique nationale de ces derniers mois. Alors qu’aucun accord n’a été trouvé à ce sujet avant la fin de l’année et que le Parlement a adopté une loi spéciale pour assurer la continuité des dépenses de l’Etat à partir du 1er janvier 2026, comment les Français perçoivent-ils la situation ? Tout d’abord, ils n’envisagent pas une résolution rapide, puisque seuls 43% d’entre eux pensent qu’un budget sera voté pour la France d’ici la fin janvier 2026. Une perspective qu’ils n’accueillent pas de gaieté de cœur, puisque près de 3 personnes sur 4 considèrent que l’absence d’un budget voté à cette date serait grave (73%)
    D’où le fait qu’une large majorité de Français affichent leur préférence pour une solution de synthèse : 67% considèrent que le plus important est qu’un budget soit voté, même si cela implique de faire des compromis avec des formations politiques opposées, une proportion qui dépasse même 80% parmi les sympathisants PS, Renaissance et LR. Le tiers restant (mais plus de 50% chez les sympathisants LFI et RN), estime au contraire que les députés doivent rester intransigeants sur leurs valeurs, quitte à ce qu’un budget ne soit pas voté. Mais il est difficile de définir une direction possible pour ce compromis puisque, à l’instar des députés, les Français sont très partagés sur la tonalité que doit adopter ce futur budget : 55% d’entre eux préféreraient que l’on donne la priorité à la diminution des dépenses de l’Etat (nettement plus chez les sympathisants Renaissance, RN, et surtout LR), quand 45% se prononcent pour la préservation de la protection sociale et des services publics (nettement plus chez les sympathisants PS, Les Ecologistes, et surtout LFI). 
  • Enfin, comme l’an dernier les Français ont été interrogés sur la situation politique et la manière dont ils anticipent son évolution au cours des prochains mois. Dans l’ensemble, même si l’année 2025 a été un peu moins agitée que 2024 avec « seulement » un changement de Premier ministre contre trois l’année précédente, l’instabilité gouvernementale reste un horizon crédible pour beaucoup, bien que de manière légèrement moins marquée que lors de la vague de l’an dernier. En effet, 62% d’entre eux pensent que Sébastien Lecornu ne sera Premier ministre que jusqu’à l’été 2026 et même 43% seulement jusqu’au printemps, alors que ces scores étaient respectivement de 75% et 56% quand ils se penchaient sur le devenir de François Bayrou à la même époque l’an passé. De même, plus de 4 sur 10 (41%) estiment qu’Emmanuel Macron doit dissoudre l’Assemblée nationale au cours des prochaines semaines ou prochains mois, un soutien à cette solution qui décroît depuis l’an dernier (-6 points).  

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