Enquête réalisée en ligne le 15 mars 2026. Échantillon de 4 145 personnes inscrites sur les listes électorales dans les communes de 3 500 habitants et plus, issu d’un échantillon représentatif de 6 288 Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région de l’interviewé(e), taille de la commune et vote lors des élections antérieures. Les listes soutenues par La France Insoumise ont été intégrées au « Bloc Gauche », les listes « Divers souverainistes » ont été intégrées au « Bloc extrême-droite ».
Paris, le 16 mars,
Le bloc central fragilisé : un recul marqué auprès des électorats syndicaux
Le premier enseignement de ce scrutin est le très net recul du bloc central (Majorité présidentielle et alliés) chez les salariés syndiqués. Alors qu’il captait une part significative de ces électorats en 2020, le centre ne recueille plus que 14 % des voix chez les proches d’un syndicat de salariés, soit une baisse de 5 points. Ce désamour est particulièrement visible à la CFDT, où le bloc central s’effondre de 11 points (passant de 25 % en 2020 à 14 % en 2026). Plus radical encore, le recul atteint 16 points chez les sympathisants des organisations patronales (CPME, MEDEF), signe d’une rupture politique avec les forces économiques du pays.
Une gauche toujours dominante dans les électorats syndicaux, mais en recomposition
Si les sympathisants d’un syndicat de salariés restent majoritairement ancrés à gauche (44 % des suffrages, contre 26 % pour la droite), cette domination cache des évolutions internes.
- Le virage des cadres (CFE-CGC) : traditionnellement plus à droite, les sympathisants de la CFE-CGC amorcent un virage social inédit : le vote pour le bloc de gauche y bondit de 11 points (32 % contre 21 % en 2020), au détriment direct de la droite et du centre.
- Érosion des rapports de force : Si la gauche reste populaire, l’écart avec la droite tend à se réduire chez certains syndicats, notamment pour SUD-Solidaires (40 % gauche vs 36 % droite) et la FSU (40 % gauche vs 33 % droite).
- Radicalisation à la CGT : si la gauche classique domine toujours (55 %), l’extrême-gauche triple son score chez les proches de la CGT pour atteindre 6 %.
La percée historique de l’extrême-droite : le cas Force Ouvrière
Si la gauche reste majoritaire chez les salariés, l’extrême-droite réalise des percées significatives dans certains bastions. Force Ouvrière devient le syndicat de salariés le plus perméable au Rassemblement National et ses alliés (15%), avec une progression de 9 points par rapport à 2020. Cette dynamique de « droitisation radicale » se retrouve également chez les sympathisants patronaux (CPME, MEDEF), où l’extrême-droite atteint également 14 %, un niveau en nette progression (0 % en 2020) qui témoigne d’une porosité idéologique inédite dans ce segment.
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