Enquête réalisée en ligne du 19 au 26 février 2026. Échantillon de 1 048 enfants âgés de 8 à 14 ans et représentatifs de cette population. Questionnaire administré après autorisation préalable d’au moins un parent. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : catégorie socioprofessionnelle et région des parents, sexe et âge des enfants.
Paris, le 18 mars,
La campagne annuelle « Global Money Week », qui vise à promouvoir l’éducation financière dès le plus jeune âge à travers plusieurs conférences ateliers et événements sur le sujet, se tiendra du 16 au 22 mars prochain. A cette occasion, la Fédération Française Bancaire a souhaité renouveler pour la 8e année consécutive son enquête barométrique auprès des jeunes Français. Cette nouvelle vague interroge à nouveau les enfants de 8 à 14 ans autour de nombreux thèmes : rapport à l’argent, comportements d’achat, familiarité avec les achats en ligne ou sécurité sur internet, permettant notamment de suivre les tendances de fond en la matière.
Que retenir de cette étude ?
L’argent, toujours un sujet de conversation pour les plus jeunes et qui suscite un certain intérêt
L’argent constitue un sujet de discussion fréquent pour les enfants de 8 à 14 ans et principalement dans le cadre familial, avec leurs parents (51% indiquent en parler souvent avec ces derniers). Lorsqu’ils évoquent l’argent, c’est avant tout concernant le prix des choses (58%), plus que les dépenses de tous les jours (25%) ou l’épargne (14%). L’argent est également un sujet qui génère une certaine curiosité chez les enfants, une courte majorité manifestant leur intérêt (55%) quand seuls 1/4 évoquent de la peur (13%) ou de l’ennui (13%). Enfin, si près d’1 sur 5 indique ne pas y comprendre grand-chose (19%), cela concerne plus particulièrement les plus jeunes enfants âgés de 8 à 10 ans.
Une maitrise plutôt relative des principales notions financières
On observe une maitrise assez hétérogène des différentes notions financières, certaines étant relativement bien identifiées par les enfants (argent de poche, distributeur de billets, achat dans un jeu vidéo, carte bancaire…) quand d’autres apparaissent comme étant plus floues, notamment celles liées au secteur financier (NFT, cryptomonnaie, actions, bourse, placements financiers…). Si on note dans l’ensemble une relative stabilité de la familiarité des enfants avec ces différents aspects, certains continuent de progresser sur le long terme, notamment les notions de compte (le besoin d’expliquer comme cela fonctionne a baissé de 9 points vs. 2019) et de carte bancaire (-6 points vs. 2019). Les paiements via un téléphone semblent être compris par une majorité des enfants interrogés (42% déclare avoir besoin qu’on leur explique comment cela fonctionne).
L’argent de poche et les espèces, des pratiques qui restent répandues
Aujourd’hui, les enfants de 8 à 14 ans déclarent recevoir principalement de l’argent pour des occasions particulières (80%, avec 88€ reçu en moyenne) comme les anniversaires, devant l’argent de poche (53%), même si cette proportion augmente sur le long terme (+6 points depuis 2019). Parmi ceux recevant de l’argent de poche, la fréquence de réception la plus commune reste mensuelle, avec une moyenne de 26 € par mois, une somme légèrement plus élevée chez les 13-14 ans (30 €) par rapport aux plus jeunes et qui reste stable depuis l’an dernier. A noter que les enfants qui perçoivent plus fréquemment de l’argent de poche, indiquent recevoir au total plus d’argent (par exemple les enfants recevant de l’argent de poche hebdomadairement reçoivent en moyenne 14€, soit environ 60€/mois). Et si la moitié des enfants indiquent recevoir suffisamment d’argent (51%), plus d’un tiers d’entre eux déclarent ne pas en recevoir assez (36%), un sentiment qui progresse avec l’âge.
Parmi les différentes formes que peut prendre l’argent reçu, les espèces restent très largement majoritaires (91%), signe que cette pratique ne faiblit pas avec les années malgré une tendance générale à la dématérialisation. A l’inverse, les applications téléphoniques restent très marginales (3%). De plus, les espèces apparaissent largement comme la principale forme sous laquelle ils préfèrent recevoir de l’argent (pour 74% des 8-14 ans qui reçoivent de l’argent), et en particulier les plus jeunes. Avec leur argent, les enfants déclarent acheter une nouvelle fois principalement de la lecture (livres, BD ou mangas), des jouets et des bonbons. On constate toujours des différences de genre et d’âge particulièrement marquées : jouets chez les plus jeunes vs. vêtements, chaussures et sacs pour les plus âgés ; jeux vidéo pour les garçons vs. maquillage et produits de beauté pour les filles. Notons également que les filles indiquent davantage utiliser leur argent pour offrir des cadeaux que les garçons (22% vs 12%).
Un niveau d’autonomie dans les achats différencié au sein de cette tranche d’âge
Les jeunes sont toujours autant partagés entre le fait d’économiser ou de dépenser leur argent, avec toutefois une légère préférence accordée à l’épargne (52%) par rapport aux dépenses (46%), notamment chez les plus jeunes. Par ailleurs, une courte majorité des enfants déclarent avoir déjà acheté quelque chose sans l’aide d’un adulte (54%), une proportion largement plus élevée chez les 13-14 ans (71%) que chez les 11-12 ans (63%) et les 8-10 ans (37%). Une autonomie qui progresse de manière tendancielle depuis le début de la mesure (+7 points vs. 2019). Dans le même temps, l’âge moyen du premier achat avec son propre argent demeure autour de 9 ans, une tendance stable depuis plusieurs années. Lorsqu’ils dépensent, le paiement en espèces est une nouvelle fois le moyen le plus utilisé (83%), loin devant la carte bancaire physique, à laquelle ont recours seulement 13% des jeunes et principalement les 13-14 ans (26%). La carte bancaire virtuelle (4%) et l’application téléphonique / sur une montre (4%), restent des moyens de paiement très peu utilisés.
Des achats digitaux qui continuent de reculer et qui restent encadrés par les parents
Les achats digitaux continuent d’être en recul chez les jeunes de 8 à 14 ans, un peu moins de la moitié de ceux ayant déjà acheté quelque chose avec leur argent indiquant avoir déjà fait un achat en ligne (45% ; -4 points par rapport à l’an dernier, -12 points depuis 2022). Dans la plupart des cas, les achats sur Internet sont d’ailleurs effectués depuis un appareil appartenant aux parents plutôt qu’un appareil personnel, que ce soit via le téléphone (36% des enfants concernés) ou l’ordinateur (28%).
Des enfants enclins à l’achat d’occasion et à la revente
Si les pratiques liées à l’économie circulaire ont progressé chez les Français ces dernières années, les comportements des enfants ne semblent pas échapper à cette tendance. En effet, 2/3 d’entre eux indiquent qu’ils pourraient envisager d’acheter un produit d’occasion plutôt que neuf pour économiser de l’argent, une opinion en hausse sur le long terme (+8 points depuis 2019) tandis que la nécessité d’essayer avant d’acheter continue d’être en léger déclin (-4 points depuis 2022). Dans le même temps, ils sont une large majorité à déclarer être enclins à se séparer des objets qu’ils n’utilisent plus (82% avec les choses qui ne sont plus de leur âge, 79% avec celles qui sont de leur âge), que ce soit en les vendant ou en les donnant à quelqu’un d’autre.
Malgré l’influence importante d’Internet, l’influence des proches et de la télévision conserve un rôle central dans les envies d’achat des enfants
Le facteur d’influence principal des enfants dans leurs achats reste en premier lieu les choses que possèdent leur amis (79%). La télévision reste également un vecteur d’envie important à travers les publicités (63%), notamment auprès des plus jeunes. Enfin, une majorité d’enfants indiquent également être influencés par les contenus qu’ils voient sur Internet (réseaux sociaux : 52% ; influenceurs : 49% ; ailleurs sur Internet : 57%). Ils se montrent par ailleurs assez connectés, 91% d’entre eux déclarant utiliser au moins un réseau social ou plate-forme numérique et en premier lieu Youtube (81%), devant les des moteurs de recherche (73%) et WhatsApp (45%), avec des proportions qui augmentent sensiblement avec l’âge.
Un niveau de vigilance qui progresse vis-à-vis des tentatives d’arnaques
21% des enfants de 8 à 14 ans déclare avoir déjà subi une tentative d’arnaque par SMS ou messagerie instantanée, 17% sur un jeu vidéo en ligne, 17% un réseau social et 16% par mail. Néanmoins, ces valeurs sont en net recul par rapport à l’année dernière (-4 points pour chaque support ; hormis les jeux vidéo en ligne qui n’étaient pas proposés en 2025). Dans la majorité des cas, les enfants concernés par ces tentatives déclarent avoir réussi à s’en rendre compte et ne pas s’être fait avoir. Par ailleurs, parmi les rares ayant été arnaqués, moins d’un tiers indiquent malgré tout avoir au final perdu de l’argent (31%), une valeur là aussi en recul par rapport à 2025 (-8 points).
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