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Les Français et les élections municipales

Marine Segura

Enquête réalisée en ligne du 11 au 13 février 2026. Échantillon de 1 811 personnes habitant dans une commune d’au moins 1 000 habitants dont 1548 inscrits sur les listes électorales, issu d’un échantillon de 2 029 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Paris, le 16 février,

A l’approche des élections municipales, RTL et M6 ont sollicité Toluna Harris Interactive pour réaliser une enquête sur les perceptions des Français à l’égard de la séquence électorale à venir.  

Que retenir de cette enquête ?  

  • A un mois du scrutin, les Français affichent leur intérêt pour les élections municipales : 7 Français sur 10 se déclarent intéressés par les élections municipales de 2026, dont 3 sur 10 « très intéressés ». Ils évoquent spontanément leur envie de changement et l’importance que ce scrutin local représente à leurs yeux.  
  • Les déterminants du choix de vote sont pluriels, les thématiques apparaissent bien différentes de celles des élections municipales de 2020. Si la sécurité des biens et des personnes constitue la première thématique importante dans le choix de vote (45%, +5 par rapport à ce qui était mesuré au même stade en 2020), la santé et l’accès aux professionnels de santé (33%, +8), les dépenses de la municipalité (29%, +1) au même niveau que les impôts locaux (29%, -4) apparaissent parmi les principales motivations. Alors que la préservation de l’environnement constituait la deuxième thématique la plus importante dans le choix de vote en 2020, elle apparait cette fois-ci en 8e position (20%, -13). 
  • Des spécificités locales apparaissent quant aux thématiques prioritaires dans le choix du vote. Par exemple, les communes de 1 000 à 9 999 habitants accorderont davantage d’importance à l’aide au maintien des commerces existants (20%), tandis que les communes de 100 000 habitants et plus donneront plus de crédit à la préservation de l’environnement (24%), au logement (25%) ainsi qu’à la circulation et au stationnement (19%).  

La proximité politique joue également dans la hiérarchie des thématiques de vote : par exemple, les proches des Écologistes accorderont une place très forte à la préservation de l’environnement (58%) là où les proches du Rassemblement National donneront leur priorité à la sécurité des biens et des personnes (57%). Les sympathisants Insoumis, de leur côté, accorderont plus d’importance au logement (34%), aux services et actions sociales (30%) et aux transports en commun (29%).  

  • Au-delà des différentes dimensions évoquées, les Français ayant exprimé une intention de vote indiquent pour une très large majorité qu’ils prendront en compte le projet de la liste (94%, dont 55% déclarant que cela jouera « tout à fait » un rôle dans leur choix de vote), devant la personnalité de la tête de liste (88%), les candidats présents (86%), le bilan de l’équipe municipale sortante (85%) et leur opinion de la formation politique soutenant la liste (83%). 
  • Les élections municipales représentent le scrutin local par excellence, les Français ne devaient pas faire pas mentir cet adage cette année : 75% voteront plutôt en fonction d’enjeux locaux que nationaux. En conséquence, 6 Français sur 10 indiquent que leur vote n’aura pas de lien avec l’action d’Emmanuel Macron et de son gouvernement (59%) tandis qu’un Français sur trois compte exprimer son insatisfaction à l’égard de la politique du président de la République. A cet égard, les sympathisants de La France Insoumise et du Rassemblement National se distinguent en plaquant davantage sur les élections municipales des enjeux nationaux (respectivement 46% et 34%). En ce sens, pour la moitié d’entre eux, leur vote servira à exprimer principalement leur insatisfaction à l’égard de l’action du Président et du gouvernement (52% et 53%).  
  • Au demeurant, 62% des Français se déclarent satisfait(e)s par l’action de leur municipalité dans leur commune, en retrait par rapport à ce qui était mesuré en amont des élections municipales de 2020 (70%) et avec des sympathisants RN légèrement en retrait sur cette question (55%).  
  • Pour autant, l’enjeu du scrutin est incertain pour la moitié des Français : 46% souhaitent la réélection de leur maire actuel, tandis que 53% veulent l’élection d’un autre maire. Si les Français qui se déclarent satisfaits de l’action de leur municipalité se montrent plus favorables à la réélection de leur maire (65%) on note qu’une part non négligeable ne verrait pas d’un mauvais œil l’élection d’une nouvelle personnalité. 
  • L’élection d’un maire issu de la société civile serait le résultat vu le plus positivement par les Français (39%). A l’inverse, l’élection d’un maire issu d’une formation politique, quelle qu’elle soit, serait davantage perçue comme étant une mauvaise chose. Reste qu’un Français sur trois apprécierait de voir son futur maire appartenir au Rassemblement National (34%), en forte progression par rapport à ce qui était mesuré il y a 6 ans (22%).  
  • L’agrément croissant de l’élection d’un maire RN s’accompagne, par contraste, d’un rejet massif d’éventuels édiles LFI. Ainsi, si 41% des Français verraient comme une mauvaise chose l’élection d’un maire investi par le Rassemblement National, ce sont 61% qui désapprouveraient celle d’un maire Insoumis. Ce contraste demeure net quelle que soit la taille de commune des répondants et n’est modulé qu’au regard de la proximité politique : les sympathisants des différentes formations de gauche désapprouvent davantage l’élection d’un maire RN que celle d’un édile LFI – bien que 59% des socialistes et 40% des écologistes voient cette dernière comme une mauvaise chose. 

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