Enquête réalisée en ligne du 05 au 22 décembre 2025. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et taille d’agglomération de l’interviewé(e). Échantillon de 2626 personnes représentatif des Français âgés de 15 ans et plus :
… dont 981 ont été en contact avec la police ou la gendarmerie
… dont 878 ont été en contact avec les services de l’Education Nationale
… dont 1395 ont été en contact avec les services de santé publique
… dont 1032 ont été en contact avec les centres de sécurité sociale
… dont 635 ont été en contact avec les agences d’aide au retour à l’emploi
… dont 421 ont été en contact avec la Justice
… dont 1047 ont été en contact avec les centres des impôts et du Trésor Public
… dont 467 ont été en contact avec les services de l’Etat en charge des questions environnementales
… et 1692 qui ont été en contact avec les services publics du logement*
Paris, le 17 février,
1/ La santé publique reste identifiée par les Français comme le domaine prioritaire d’intervention de l’Etat en 2025, alors que la défense nationale et la sécurité sociale apparaissent en nette hausse
- En 2025, la hiérarchie des domaines sur lesquels les pouvoirs publics devraient faire porter prioritairement leurs efforts aux yeux des Français est la même qu’en 2024. Comme lors des dernières vagues de ce baromètre, la santé publique est largement en tête (49%), loin devant la justice (34%), l’éducation nationale (33%), la police et la gendarmerie (30%). Les secteurs qui ferment la marche sont également les mêmes que par le passé (transports publics, culture, décentralisation).
- Cette stabilité apparente cache cependant certains mouvements. Ainsi, bien qu’ils demeurent en tête du classement, la santé (-4 points), la justice (-2), et surtout l’éducation nationale (-6), marquent le pas cette année. Il en est de même de l’environnement (-3).
- Ces baisses manifestent surtout le fait que d’autres enjeux deviennent de plus en plus importants aux yeux des Français. Ainsi en est-il de la défense nationale, en forte hausse et qui atteint son score historiquement le plus élevé au sein de ce baromètre (24%, +7 points), et dans une moindre mesure de la sécurité sociale (21%, +4) et de la fiscalité (18%, +2). Des mouvements à la hausse, particulièrement marqués chez les plus âgés, qui traduisent la préoccupation croissante des Français à l’égard des tensions géopolitiques actuelles et des enjeux budgétaires sur le plan national.
2/ Les Français se montrent de plus en plus favorables à une diminution des impôts
- Déjà évoqué ci-dessus, l’enjeu croissant de la fiscalité apparaît surtout lorsque les Français sont confrontés à l’arbitrage entre impôts et prestations. S’ils se montraient plutôt partagés sur ce sujet lors des dernières vagues d’enquête, ils se prononcent cette année bien plus clairement pour une diminution des impôts quitte à réduire les prestations sociales (59%) que pour une amélioration de ces dernières au prix d’une hausse de la fiscalité (41%).
- Cette préférence pour une diminution des impôts est en très forte hausse cette année : +7 points par rapport à 2024, et même +13 points par rapport à 2022, renouant avec une tendance dominante que l’on n’avait pas connue à de tels niveaux depuis les années 2013-2015.
3/ Une perception paradoxale des services publics qui demeure, entre scepticisme des citoyens et satisfaction des usagers
- La dissociation que ce baromètre met régulièrement en évidence en ce qui concerne la perception des services publics se maintient en 2025. D’un côté les Français sont partagés voire plutôt critiques sur l’action de l’Etat, puisque seuls 44% d’entre eux en ont une bonne opinion, sur la moyenne de 9 domaines testés (-1 point par rapport à 2024). De l’autre côté, le taux de satisfaction moyen des usagers dans ces 9 domaines demeure à un niveau élevé même s’il se tasse légèrement par rapport à l’année dernière (75%, -2 points).
- Si ces scores évoluent peu par rapport à l’an dernier, la déconnexion entre la perception des citoyens et celle des usagers tend à se consolider sur le moyen terme (depuis 2022 : opinion des Français : -2 points / satisfaction des usagers : +4 points).
4/ Les domaines pour lesquels l’action de l’Etat bénéficie du jugement le plus favorable de la part des Français sont le plus souvent ceux qui sont également les mieux perçus par les usagers
- Si le regard des Français sur l’action de l’Etat est plutôt mitigé dans l’ensemble, certains domaines font l’objet d’un jugement plus favorable que la moyenne. C’est surtout le cas en ce qui concerne la police et la gendarmerie (bonne opinion : 63%), devant la sécurité sociale (52%), la santé publique (46%) et l’environnement (46%). Or ces domaines font également partie de ceux qui sont jugés les plus satisfaisants par les usagers (avec des taux de satisfaction entre 75 et 80%). En revanche, la justice et l’emploi sont les 2 domaines qui enregistrent à la fois l’opinion la plus mitigée (respectivement 36 et 37%) et le taux de satisfaction le plus mesuré (68%).
- Un domaine apparaît néanmoins comme une exception ici : la fiscalité, qui enregistre à la fois une perception plus critique que la moyenne de la part des Français (39%) et le niveau de satisfaction le plus élevé de la part des usagers (82%). Il s’agit ici de la dissociation la plus nette entre, d’un côté, des citoyens plutôt critiques à l’égard du niveau des prélèvements obligatoires et des dépenses de l’Etat, et de l’autre côté, des contribuables plutôt satisfaits de la manière dont le processus de collecte des impôts est organisé.
5/ Des perceptions stables pour les différents domaines du secteur public, à quelques exceptions près
- De manière générale, l’opinion des Français et la satisfaction des usagers sont plutôt stables dans ces différents domaines par rapport à 2024.
- Quelques mouvements sont néanmoins à noter. Tout d’abord, les Français se montrent de plus en plus critiques à l’égard de l’action de l’Etat dans les domaines de la sécurité sociale (52%, -3 points par rapport à 2024, mais surtout -15 points sur 5 ans) et de la fiscalité (39%, -5 points par rapport à 2024, -13 points sur 5 ans). Des évolutions sur le moyen terme qui montrent que la crispation sur ces sujets semble être un enjeu structurel, bien plus qu’une préoccupation conjoncturelle liée aux débats actuels sur le budget de l’Etat.
- Du côté des usagers, on note cette année une baisse de satisfaction marquée dans les domaines du logement (74%, -5 points par rapport à 2024) et surtout de l’emploi (68%, -9 points), ces deux indicateurs revenant à des niveaux proches des années antérieures, après le pic enregistré l’an dernier. Dans les 2 cas, c’est surtout chez les jeunes actifs (25-34 ans) et les catégories populaires que ce décrochage de satisfaction est le plus net par rapport à l’an dernier.
6/ Modes de contact : Internet reste en tête, mais marque le pas en 2025
- Comme les années précédentes, Internet apparaît comme le premier canal par lequel les usagers entrent en relation avec les différents services publics (mail et/ou site web), sauf en ce qui concerne la police et la gendarmerie, pour lesquelles le contact physique et le téléphone restent privilégiés.
- Si la tendance de long terme à la progression du contact par Internet n’est pas remise en cause, elle a néanmoins tendance à marquer le pas cette année (baisse de 3 à 6 points pour différents services, sauf dans les domaines de la sécurité sociale et de la fiscalité). Le contact physique est également en légère baisse pour certains services (sauf santé publique et fiscalité).
7/ Accessibilité, clarté, respect des délais : le trio gagnant des attentes à l’égard des services publics
- La hiérarchie des attentes envers les services publics est la même que l’an dernier, avec des indicateurs qui restent à des niveaux similaires. Ainsi, les Français souhaitent en priorité que leurs services publics soient plus facilement joignables, quel que soit le mode de contact utilisé (55%). Les autres principales attentes concernent le caractère clair, simple et compréhensible des informations transmises (48%) et le respect des délais dans le traitement des demandes (47%).
- À travers ces 3 éléments, c’est donc toujours bien sur l’efficacité dans le traitement des demandes des usagers que les services publics restent principalement attendus, devant d’autres aspects comme la personnalisation de l’accompagnement, l’accueil ou la prise en compte de leur avis.
8/ Des attentes variables d’un service à l’autre
- Compte tenu de l’hétérogénéité des services publics testés, les attentes prioritaires varient fortement d’un service à l’autre, mais intègrent le plus souvent chacune à leur manière cette attente d’efficacité (réactivité des forces de l’ordre, qualité des soins en santé, niveau et rapidité des remboursements de sécurité sociale, possibilité d’effectuer les démarches à distance avec le service des impôts, compétence des agents chargés de l’aide à la recherche d’emploi, etc.).
- Par ailleurs, concernant la manière dont les services publics répondent actuellement à ces différentes attentes, on peut noter que les femmes sont plus souvent insatisfaites que la moyenne. En revanche, la perception par catégorie d’âge diffère d’un service à l’autre : les plus jeunes se montrent plutôt plus critiques dans l’ensemble en ce qui concerne les forces de l’ordre, la santé publique, l’éducation nationale et la fiscalité, quand les plus âgés le sont davantage à propos de la justice, l’emploi, l’environnement et le logement.
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