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​L’Opinion des Français à l’égard de la Présidentielle

Marine Segura

Enquête réalisée en ligne du 22 au 23 décembre 2025. ​Échantillon de 1 099 personnes représentatif de la population Française âgée de 18 ans et plus, dont 992 personnes inscrites sur les listes électorales françaises.​ Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).​

Paris, le 22 janvier,

Toluna Harris Interactive réalise pour CommStrat et l’Opinion, un baromètre de suivi du potentiel électoral de différentes personnalités jusqu’à la prochaine élection présidentielle. Ce dispositif de suivi vise à identifier les dynamiques d’opinion en faveur de diverses personnalités politiques ou non dans la perspective de la prochaine élection présidentielle. Les personnalités testées ont soit été candidates à l’élection présidentielle par le passé, soit indiqué directement ou indirectement qu’elles pourraient être candidates.  

Nota Bene : Le potentiel électoral ne constitue nullement une intention de vote. Il reflète avant tout la possibilité de voter pour une personnalité mais ne donne pas d’indication sur la transformation effective en vote à l’issue de la campagne. Le moment du vote constitue un choix dans le cadre d’une offre définie et concurrentielle. Ici, les personnes interrogées étaient invitées à répondre favorablement ou défavorablement à chacun des noms leur étant proposés. 

Que retenir de cette enquête ?

Jordan Bardella (41%) et Marine Le Pen (39%) continuent d’être les deux personnalités bénéficiant du plus grand potentiel électoral en ce début d’année d’élections municipales. Dans un climat baissier (ils perdent respectivement 3 et 4 points), ils continuent de devancer Marion Maréchal (26%, -4), Édouard Philippe (24%, -6 points, soit une baisse de 11 points depuis avril), Bruno Retailleau (24%, -2) et Gérald Darmanin (24%, -4). 

Le potentiel électoral des autres personnalités subit aussi une baisse : comme pour Édouard Philippe, Gabriel Attal voit son potentiel chuter de 6 points pour s’établir à 22%, tandis que Raphaël Glucksmann (19%) et Xavier Bertrand (18%) perdent tous les deux 5 points. Michel-Édouard Leclerc continue d’être la première personnalité de la société civile dans ce classement (21%) et devance largement Patrick Sébastien (14%) et Teddy Riner (12%). 

Jean-Louis Borloo (20%,) Philippe de Viliers (20%) et Sébastien Lecornu (18%), présents pour la deuxième fois dans ce baromètre, se maintiennent peu ou prou aux niveaux constatés lors de la précédente vague. 

La lecture par proximité politique confirme les enseignements des précédentes vagues. Auprès des sympathisants insoumis, Jean-Luc Mélenchon continue d’être la figure la plus plébiscitée et dispose d’un soutien massif (77%), devant Manuel Bompard (38%) et Rima Hassan (37%). Auprès des socialistes, c’est Raphaël Glucksmann qui bénéficie du plus grand potentiel (62%) devant l’ancien Président François Hollande (46%) et le premier secrétaire du parti Olivier Faure (42%). Pour les Écologistes, le sénateur Yannick Jadot dispose du potentiel électoral le plus élevé (70%) devant Olivier Faure (46%), Raphaël Glucksmann et la secrétaire nationale du parti Marine Tondelier (44% chacun). 

Auprès des sympathisants de Renaissance, Gabriel Attal dispose à nouveau du potentiel le plus important (73%) tandis que le Garde des Sceaux Gérald Darmanin (61%) devance Édouard Philippe (58%) qui, pour la première fois, ne fait pas partie des deux premières personnalités auprès des sympathisants de la formation présidentielle. 

Auprès des Républicains, Bruno Retailleau redevient la personnalité ayant le plus grand potentiel électoral (69%) devant Gérald Darmanin (62%) et François Baroin (47%, nouvellement testé). 

Enfin, comme observé depuis le début du baromètre, les sympathisants du Rassemblement National soutiennent tout autant Marine Le Pen (92%) et Jordan Bardella (91%), largement devant Marion Maréchal (59%). 

Focus : Une aversion marquée au vote pour certaines personnalités  

Au-delà de mesurer le potentiel électoral des personnalités, nous nous sommes également intéressés à la part de Français se déclarant totalement hermétiques à l’idée de voter pour quelqu’un, à savoir la proportion indiquant qu’ils ne pourraient « certainement pas » voter pour chacune de ces personnalités. 

Ainsi, Jean-Luc Mélenchon apparaît comme la personnalité politique (sur les 70 testées) cristallisant la plus grande opposition : 70% des Français déclarent qu’ils ne pourraient certainement pas voter pour lui. A ses côtés, les anciens Premiers ministres François Bayrou (65%, 5ème sur 70) et Elisabeth Borne (64%, 6ème) suscitent également un important sentiment de répulsion électorale, tout comme Éric Zemmour (63%, 8ème). A l’inverse, le président du Rassemblement National, Jordan Bardella est la personnalité pour laquelle la part de Français déclarant qu’ils ne pourraient certainement pas voter est la plus faible (42%), suivi de près par Marine Le Pen (45%) et Bruno Retailleau (48%).  

Il est intéressant également de souligner que la part de Français déclarant qu’ils ne pourraient certainement pas voter pour Jordan Bardella s’est amenuisée par rapport à avril 2025, passant de 47% à 42%, tout comme pour Marine Le Pen (45%, -2), Marion Maréchal (52%, -5) et Éric Zemmour (63%, -2). A l’inverse, cette proportion a fortement progressé pour des personnalités telles que Bruno Retailleau (passant de 40% à 48%), Édouard Philippe (de 41% à 50%) ou Gabriel Attal (de 43% à 50%), Jean-Luc Mélenchon gardant de son côté la même base de soutiens et d’opposants (de 69% à 70%).  

A un peu plus d’un an de l’élection présidentielle, l’évolution de ces résultats laissent donc apparaitre un paysage politique où seules les personnalités les plus à droite sur l’échiquier politique tendent à renforcer leur base de soutien et à réduire les oppositions les plus virulentes à leur égard, tandis que les personnalités de gauche, du centre et de droite font face à une baisse de leur soutien potentiel, combinée à une cristallisation plus marquée encore d’une partie de leur opposition. Nous aurons l’occasion, lors des prochaines vagues, de voir dans quelle mesure ces résultats évoluent. 

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