Enquête réalisée par Toluna-Harris Interactive en ligne du 22 au 24 septembre 2026. Échantillon de 1 017 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).
Paris, le 25 septembre,
Tous les mois, Toluna Harris Interactive réalise en partenariat avec LCI un baromètre de confiance politique.
Téléchargez le rapport complet
Téléchargez la note d’analyse de Jean-Daniel Lévy
Que retenir de cette étude ?
En ce mois de septembre, le constat de rentrée est net : après un mois d’août plutôt stable, voire positif pour plusieurs personnalités, le mois de septembre se traduit par un repli quasi généralisé, qui touche la tête de l’exécutif comme la plupart des personnalités testées dans notre baromètre.
Si la confiance en Emmanuel Macron reste stable (30%, =), celle en Sébastien Lecornu recule nettement (30%, -4), après le rebond enregistré en août, qui le ramène à son niveau de juillet. Ce mouvement se retrouve, à des degrés variables, chez la quasi-totalité des ministres : Gérald Darmanin demeure le ministre recueillant le plus haut niveau de confiance mais recule de 4 points (28%), devant Laurent Nunez (23%, -4) et Catherine Vautrin (21%, -3).
Hors gouvernement, nous mesurons un repli au sein du bloc central : la confiance en Gabriel Attal recule de 2 points (26%), après avoir progressé en août ; sa confiance diminue notamment de 6 points parmi les sympathisants du bloc central (68%). Édouard Philippe enregistre quant à lui un repli sensiblement identique (27%, -3), y compris auprès des sympathisants Républicains, dont la confiance à son égard recule de 8 points (42%), quand elle baisse de 3 points auprès des sympathisants macronistes (77%).
Les dynamiques à gauche observées en août sont enrayées : la confiance en François Hollande recule de 3 points (22%) et nettement plus encore auprès des sympathisants socialistes (55%, -7). Raphaël Glucksmann cède 2 points (23%) mais reste la première personnalité au sein de cette famille politique (61% des sympathisants socialistes, -2). Jean-Luc Mélenchon, qui avait fortement progressé en août (+5), se stabilise quasiment (17%, -1) et demeure la personnalité recueillant le plus de confiance chez les sympathisants LFI (83% des sympathisants).
À l’extrême droite, Jordan Bardella et Marine Le Pen se retrouvent à égalité (39% chacun ; Marine Le Pen progresse d’un point quand Jordan Bardella en perd un), une configuration déjà observée en février dernier. L’un comme l’autre bénéficient d’un niveau de confiance quasi-total de la part de leurs sympathisants (94% pour la candidate à la présidentielle, 89% pour le Président du RN) ce qui constitue une singularité : 83% des proches de LFI accordent leur confiance à Jean-Luc Mélenchon, 61% de ceux du PS à Raphaël Glucksmann, 55% François Hollande et 34% Olivier Faure ; 52% des sympathisants Écologistes portent le même regard à l’égard de Marine Tondelier, 77% et 68% des macronistes lorsqu’il est question d’Édouard Philippe ou de Gabriel Attal et, enfin, 60% des proches de la droite lorsqu’il s’agit de Bruno Retailleau.
A Droite Bruno Retailleau recule de 4 points (23%) et se retrouve nettement devancé par sa droite : Marion Maréchal progresse de 2 points (30%) alors qu’Éric Ciotti, en dépit d’un repli de 2 points, le devance également (26%). © Toluna Harris Interactive 3
En ce début de campagne présidentielle attardons-nous à regarder spécifiquement les personnalités appréciées de sympathisants quand bien même elles ne relèvent pas de leurs famille politique de référence. Chez LFI, dans le « top 10 », à part Ségolène Royal (41%) toutes les personnes mentionnées relève de la sphère de la gauche de la gauche ; au PS François Ruffin (39%), Yannick Jadot (37%), Jean-Louis Borloo (33%) ou encore Fabien Roussel (31%) sont cités ; chez les Écologistes la situation est plus singulière : Raphaël Glucksmann devance légèrement (d’un point, 53%) la dirigeante du mouvement ; au centre Bernard Cazeneuve 54%, 4ème position est présent) alors même qu’il n’est pas « reconnu » par les proches du Parti socialiste (23%) ; à droite Marine Le Pen et Jordan Bardella se situent en troisième position (45% de confiance).
Parmi les personnalités qui affichent, de manière affirmée ou non dissimulée, une ambition présidentielle, Xavier Bertrand accuse le repli le plus marqué de l’ensemble des personnalités testées ce mois-ci (17%, -6), devant Bernard Cazeneuve (20%, -3). Dominique de Villepin recule plus modérément (19%, -2) et conserve une confiance relativement homogène d’une famille politique à l’autre (de 25% à 35% chez les sympathisants La France insoumise, socialistes, écologistes et du bloc central) hormis chez les proches du Rassemblement national (12%, -3) et, dans une moindre mesure, des Républicains (25%, -7).
Ce climat de défiance doit être resitué dans le contexte et d’augmentation du prix de l’énergie (au premier rang desquels l’essence) et de tensions internationales, comme le montre l’étude que nous consacrons ce mois-ci à la perception de la menace que représente la Russie1
1Étude Toluna Harris Interactive « Les Français et la menace de la Russie » pour LCI, réalisée en ligne du 22 au 24 septembre 2026 auprès d’un échantillon de 1 017 personnes. .
Six Français sur dix (60%) considèrent aujourd’hui la Russie comme une menace pour la France, contre seulement 10% qui y voient une alliée. Cette opinion s’est nettement durcie en cinq ans : ils n’étaient que 43% à porter ce jugement en décembre 2021, même si elle a légèrement reflué depuis le pic de 66% observé en mai dernier. Cette perception de menace est particulièrement partagée par les sympathisants d’Ensemble (80%), des Républicains (79%), du Parti socialiste (77%) et des Écologistes (74%), quand elle demeure minoritaire à La France insoumise (45%) et plus mesurée au Rassemblement national (55%).
Sur le fond, l’inquiétude domine largement s’agissant des actions que pourrait mener la Russie contre la France : cyberattaques (73%), pressions économiques (72%), ingérence politique (69%), campagnes de désinformation (68%), sabotage d’infrastructures (68%) et, dans une moindre mesure, attaques de drones (65%). Cette inquiétude est généralement plus forte chez les sympathisants des Républicains, d’Ensemble ou du PS.
Ce niveau d’inquiétude s’accompagne d’un jugement sévère sur la préparation du pays : 68% des Français estiment que la France est aujourd’hui mal préparée pour faire face à d’éventuelles actions hostiles de la Russie, contre seulement 31% qui la jugent bien préparée. Ce constat est plus répandu encore chez les sympathisants du Rassemblement national et des Républicains que dans le reste de la population.
Interrogés sur les personnalités politiques en qui ils font le plus confiance pour porter de bonnes propositions face à ces risques, les Français placent, comme sur la plupart des sujets testés par ailleurs, Jordan Bardella (41%) et Marine Le Pen (40%) en tête, devant Édouard Philippe (32%), Gabriel Attal (29%) ou Bruno Retailleau (28%). Ces données sont à considérer en ayant à l’esprit que la politique étrangère est une thématique étant loin de constituer la première motivation de vote de leur électorat. Nous l’avions déjà observé s’agissant des enjeux climatiques2 ou de la réduction des dépenses publiques : quelle que soit la question posée, la réponse d’une large partie (même si elle reste minoritaire) des Français est, pour l’heure, le Rassemblement national.
Téléchargez aussi notre question du mois : Les Français et la menace de la Russie
