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L’Opinion des Français à l’égard de la Présidentielle

Marine Segura

Enquête réalisée en ligne du 25 au 26 mars 2026. ​Échantillon de 1 065 personnes représentatif de la population Française âgée de 18 ans et plus, dont 928 personnes inscrites sur les listes électorales françaises.​ Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).​

Paris, le 8 avril,

Toluna Harris Interactive réalise pour CommStrat et l’Opinion, un baromètre de suivi du potentiel électoral de différentes personnalités jusqu’à la prochaine élection présidentielle. Ce dispositif de suivi vise à identifier les dynamiques d’opinion en faveur de diverses personnalités politiques ou non dans la perspective de la prochaine élection présidentielle. Les personnalités testées ont soit été candidates à l’élection présidentielle par le passé, soit indiqué directement ou indirectement qu’elles pourraient être candidates.


Nota Bene : Le potentiel électoral ne constitue nullement une intention de vote. Il reflète avant tout la possibilité de voter pour une personnalité mais ne donne pas d’indication sur la transformation effective en vote à l’issue de la campagne. Le moment du vote constitue un choix dans le cadre d’une offre définie et concurrentielle. Ici, les personnes interrogées étaient invitées à répondre favorablement ou défavorablement à chacun des noms leur étant proposés.

Que retenir de cette enquête ?

Un an après le lancement de ce baromètre, Jordan Bardella (41%) et Marine Le Pen (40%) continuent d’être les deux personnalités bénéficiant du plus grand potentiel électoral. Ils devancent Édouard Philippe qui, après sa réélection à la mairie du Havre, repart sur une dynamique haussière (31%, +7 points, rattrapant les 6 points perdus au mois de janvier). Marion Maréchal, de son côté, progresse de 3 points (29%) et reste toujours devant Gabriel Attal (27%, +5), Gérald Darmanin (26%, +2), Bruno Retailleau (24%, stable) et Raphaël Glucksmann (24%, +5).


Dans un contexte haussier pour la plupart des personnalités politiques au lendemain des élections municipales, le nouveau maire de Nice, Éric Ciotti bénéficie également d’une hausse de 4 points (23%) et s’installe parmi les principales personnalités, aux côtés de Jean-Louis Borloo (22%), Xavier Bertrand (22%), Sébastien Lecornu (22%) ou Michel-Édouard Leclerc (20%).


La lecture par proximité politique confirme les enseignements des précédentes vagues. Auprès des sympathisants insoumis, le soutien envers leur leader Jean-Luc Mélenchon est toujours massif et très proche du niveau observé en janvier (75%, -2), devant Manuel Bompard (43%) qui capitalise sur sa présence médiatique et Philippe Poutou (35%). A noter que des personnalités non-insoumises se hissent en haut de tableau, avec le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane (32%) mais également l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin (31%). Auprès des sympathisants socialistes, le leader de Place Publique Raphaël Glucksmann maintient son fort potentiel électoral (71%), devant l’ancien Président François Hollande (51%) et le premier secrétaire du parti Olivier Faure (44%). Pour les Écologistes, pour la première fois dans ce baromètre, la secrétaire nationale Marine Tondelier bénéficie du potentiel électoral le plus important (76%, +22) devant deux anciens candidats à l’élection présidentielle à savoir Yannick Jadot (56%) et Benoît Hamon (44%).


Auprès des sympathisants de Renaissance, Édouard Philippe (77%, soit une progression de 19 points) et Gabriel Attal (76%) disposent à peu près du même potentiel électoral, tandis que le Premier ministre Sébastien Lecornu (65%) se place désormais devant le garde des Sceaux Gérald Darmanin (58%). Auprès des Républicains, Bruno Retailleau stabilise son potentiel (62%) tandis que Nicolas Sarkozy (58%) et Édouard Philippe (57%) se placent en challengers au même titre que Gérald Darmanin (56%).


Enfin, comme observé depuis le début du baromètre, les sympathisants du Rassemblement National soutiennent tout autant Marine Le Pen (91%) que Jordan Bardella (90%), largement devant Marion Maréchal (64%), tandis que l’ancien président des Républicains Éric Ciotti pourrait désormais séduire
1 électeur sur 2 proche du RN (50%).

Focus : A un an de l’élection présidentielle, les potentiels électoraux se stabilisent

Un an après la création de ce baromètre et à un an de la prochaine élection présidentielle, le potentiel électoral des principales personnalités politiques françaises se distingue par une forme de stabilité. Si celuici évolue de quelques points à la hausse ou à la baisse lors de chaque vague, la plupart des personnalités voient leur potentiel se situer dans une fenêtre de plus ou moins 5 points : Jordan Bardella et Marine Le Pen se stabilisent depuis la mesure de novembre au-delà des 40% de potentiel de vote quand, dans le même temps, Raphaël Glucksmann oscille entre 19% et 24% et Jean-Luc Mélenchon entre 11% et 17%.

Bruno Retailleau, parmi ces personnalités, fait figure de cas à part : il est la seule personnalité à avoir vu son potentiel électoral baisser de manière continue en un an : de 32% en juin 2025 à 24% dans cette dernière vague, tout en conservant un haut potentiel de vote auprès des sympathisants de la formation politique qu’il dirige.


Édouard Philippe et Gabriel Attal, de leur côté, ont tendance à suivre parallèlement les mêmes dynamiques haussières et baissières. Si l’écart entre eux s’est resserré à 2 points lors des deux dernières vagues, Édouard Philippe dispose de nouveau de 4 points d’avance (respectivement 31% et 27%). Ces deux personnalités construisent leur potentiel électoral à peu près sur les mêmes cibles, bien que des légères différences s’observent : Gabriel Attal plairait davantage aux jeunes Français (38% chez les 18-24 ans, contre 33% pour Édouard Philippe) tandis que le maire du Havre bénéficie d’un potentiel électoral accru auprès des 65 ans et plus (41% contre 32%). Au niveau politique, comme indiqué précédemment si les deux font jeu égal auprès des sympathisants de Renaissance (respectivement 77% et 76%), le Havrais construit son potentiel également auprès des proches des Républicains (57%, contre 34% pour Gabriel Attal).

Avec 72 personnalités testées, ce baromètre ouvre très largement les perspectives de vote pour les Français. Partant de constat, pour combien de personnalités différentes les Français déclarent-ils pouvoir voter ? A l’heure actuelle, 11 personnalités politiques ou publiques différentes en moyenne. A ce niveau, les jeunes Français ont tendance à être moins décidés sur leurs choix et se positionnent sur un nombre plus élevé de personnalités : 15 en moyenne pour les 18-24 ans, 16 pour les 25-34 ans mais « seulement » 10 pour les 35 ans et plus.


D’un point de vue politique, on remarque que les sympathisants du Rassemblement National présentent le choix le plus réduit (8 personnalités en moyenne), tandis que les sympathisants de Renaissance (16) ou de La France Insoumise (15) se montrent ouverts à près du double.


Si l’on raisonne en termes de nuances politiques, les proches de Renaissance pourraient voter en moyenne pour 6 personnalités Ensemble ou apparentés différentes mais également pour 3 personnalités Socialistes ou apparentés et 3 personnalités Les Républicains ou apparentés. Les sympathisants LR indiquent quant à eux qu’ils pourraient voter en moyenne pour 5 personnalités Les Républicains ou apparentés, mais aussi pour 4 personnalités Ensemble ou apparentés et 3 personnalités d’extrême droite ou souverainistes, en moyenne. Les sympathisants du RN se montrent en revanche peu ouverts aux personnalités d’autres courants politiques : ils indiquent qu’ils pourraient voter en moyenne pour 4 personnalités d’extrême droite ou souverainistes, et peu au-delà.


Au lendemain des élections municipales et à un an de l’élection présidentielle, cette nouvelle édition confirme l’ancrage et la solidité du potentiel de vote dont bénéficient Jordan Bardella et Marine Le Pen. Si différentes personnalités politiques présentent également des potentiels de vote importants (Édouard Philippe, Gabriel Attal ou encore Raphaël Glucksmann), leurs différents électorats semblent encore loin d’avoir figé leur préférence et présentent une fluidité particulièrement importante entre eux.

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