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Intentions de vote à l’élection présidentielle 2027​

Toluna

Sondage Toluna Harris Interactive pour

Paris, le 23 octobre 2026,

Toluna Harris Interactive est associé à M6 et RTL pour la réalisation d’intentions de vote. Depuis le mois de septembre, ce dispositif est bimensuel, jusqu’à la fin de l’année civile, avant de devenir plus récurrent jusqu’au 1er tour de l’élection présidentielle, de manière à mesurer dans le temps long les candidatures, les dynamiques et les motivations du vote.Cette étude est la première de ce dispositif réalisée après la victoire de Raphaël Glucksmann lors de la primaire sociale-démocrate. Cette étude introduit également deux nouvelles hypothèses intégrant deux candidats : Dominique de Villepin et David Lisnard.

Que retenir de cette enquête ? 

Dans chacune des hypothèses de 1er tour testées, Marine Le Pen arrive largement en tête (avec 33% à 35% des intentions de vote selon les configurations, -1 point par rapport à la dernière vague d’enquête dans les configurations comparables), maintenant son avance sur les autres candidats à l’élection présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon est toujours en position pour se qualifier pour le 2nd tour dans toutes les configurations. Son avance sur le 3ème candidat est la plus forte dans le cas d’une hypothèse de candidature unique de Gabriel Attal au centre : dans cette configuration, il obtiendrait 19% des suffrages exprimés (+1), devant Raphaël Glucksmann, qui amorce une dynamique haussière après sa victoire dans la primaire « sociale-démocrate » (13%, +2), ce dernier devançant pour la première fois Gabriel Attal (11%, -1) dans cette configuration. Dans le cadre d’une candidature unique d’Édouard Philippe au centre, le leader de LFI devancerait (17%, -1) le Havrais de la plus courte des marges (un point de différence : 16%, -1), Raphaël Glucksmann réduisant l’écart le séparant d’une qualification au 2nd tour (13%, +3). Enfin, face à une candidature simultanée d’Édouard Philippe et de Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon (17%, -1) devancerait Édouard Philippe (13%, stable) et Raphaël Glucksmann (12%, +2) tandis que Gabriel Attal se trouverait toujours en retrait (5%, stable).

Il semblerait donc que l’élection de Raphaël Glucksmann lors de la primaire sociale-démocrate insuffle une première dynamique pour le fondateur de Place Publique, tandis que les récentes manifestations n’ai d’impact, pour le moment, sur les socles électoraux des principaux candidats qu’à la marge.

À droite, Bruno Retailleau se maintient aux mêmes niveaux (entre 6% et 9% d’intentions de vote selon les hypothèses testées historiquement) tandis qu’Éric Zemmour voit son score repartir légèrement à la hausse (entre 5 et 6%, +1). Nicolas Dupont-Aignan se maintenant quant à lui à 2% d’intentions de vote.

À gauche, et dans le contexte de la progression de Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier perd un point (2%) et se trouve au même niveau que Fabien Roussel (entre 1 et 2%).

Deux nouvelles hypothèses figurent dans cette vague du baromètre : Dominique de Villepin et David Lisnard ont été testés comme candidats, aux côtés soit d’Édouard Philippe soit de Gabriel Attal (les autres candidatures n’étant pas modifiées par ailleurs). Dans ces deux configurations, Marine Le Pen (33%) et Jean-Luc Mélenchon (17%) se qualifieraient au 2nd tour, devançant Édouard Philippe (15%) et Raphaël Glucksmann (12%) dans le cadre d’une candidature du maire du Havre, ou devançant Raphaël Glucksmann (14%) et Gabriel Attal (10%) dans le cadre d’une candidature du secrétaire général de Renaissance. Quel que ce soit le candidat au centre, David Lisnard prendrait l’ascendant sur Bruno Retailleau (entre 7 et 8% pour le maire de Cannes selon les configurations, contre 4 ou 5% pour le président des LR). Dominique de Villepin obtiendrait quant à lui entre 1 et 2% des suffrages, le plaçant au même niveau que Fabien Roussel, Marine Tondelier ou encore Nicolas Dupont-Aignan.

En parallèle des intentions de vote pour le 1er tour, nous mesurons le potentiel électoral de différentes personnalités depuis la création de ce baromètre sur une échelle allant de 0 (« je ne pourrais absolument pas voter pour ce candidat ») à 10, cette note-ci représentant la certitude la plus élevée de voter pour une personnalité. Ce potentiel électoral permet de mettre en lumière les réserves de voix potentielles dont peut bénéficier un candidat mais peut également donner une indication du soutien ou du rejet dont il bénéficie dans le corps électoral. A ce sujet, Marine Le Pen dispose par exemple de l’intensité la plus marquée : 23% des Français évaluent à 10/10 leur propension à voter pour elle. Jean-Luc Mélenchon est la deuxième personnalité avec l’intensité la plus marquée, obtenant 11% de notes 10, des mesures relativement stables depuis celles effectuées au début de l’été. Parallèlement, Jean-Luc Mélenchon cristallise une opposition marquée puisque 56% des Français lui attribuent la note 0, faisant de lui et d’Éric Zemmour (57%) les personnalités les plus « rejetées ». Enfin, l’enrayement des dynamiques électorales de Gabriel Attal, Édouard Philippe et Bruno Retailleau peuvent trouver une source d’explication dans cette question : ces trois personnalités ont vu la part de Français exprimant le plus nettement qu’ils ne pourraient pas voter pour eux (la note de 0) progresser nettement depuis avril dernier, passant de 35% à 45% pour Gabriel Attal (+10), de 32% à 42% pour Édouard Philippe (+10) et de 36% à 43% (+7) pour Bruno Retailleau.

Différentes hypothèses de 2nd tour ont également été testées : Marine Le Pen continue de figurer en tête dans ces duels, avec 70% (+3) des suffrages exprimés face à Jean-Luc Mélenchon et 57% (+1) face à Édouard Philippe, semblant marquer des points durant la séquence actuelle. Notons que nous avons pour la première fois testé l’hypothèse d’un 2nd tour opposant Raphaël Glucksmann à Marine Le Pen, la progression du leader de Place Publique laissant entrevoir cette possibilité. Dans cette configuration également, Marine Le Pen (59%) l’emporterait également assez largement face au leader de Place Publique (41%).

À noter qu’à huit mois du scrutin, une forte part des Français indiquent qu’ils privilégieraient pour le second tour l’abstention ou le recours à un vote blanc ou nul (entre 26% et 32% selon les hypothèses). Rappelons les précautions nécessaires à la lecture de ces données, et ce plus encore pour les hypothèses de second tour que de premier. Vu qu’une partie du débat se structure autour du « meilleur » candidat, que ce soit pour l’ancien camp présidentiel ou pour le camp « social-démocrate », pour gagner contre Marine Le Pen à la présidentielle mais également pour la qualification au second tour, ces questions offrent des éléments de réponse à considérer parmi d’autres éléments de compréhension de l’opinion.

La séquence politique que connaît la France n’a qu’un impact à la marge les thématiques de vote les plus importantes : le pouvoir d’achat continue d’être le principal moteur (56%), devant l’immigration (38%, +4) et la santé (36%, -4). L’éducation et la formation reste au même niveau enregistré depuis le début de notre baromètre (22%) tandis que la sécurité des biens et des personnes progresse légèrement par rapport à la vague précédente (28%, +3).

Concernant les motivations de vote, quelques évolutions minimes sont à noter. Si le « podium » ne change pas (honnêteté, projet et valeurs), le fait d’empêcher Jean-Luc Mélenchon de se qualifier pour le 2nd tour progresse légèrement (54%, +3) tout comme la capacité du candidat à rassembler (50%, +3). Cette dernière motivation est particulièrement importante pour les sympathisants du Parti socialiste, quelques jours après la victoire de Raphaël Glucksmann et de sa ligne « autonomiste » vis-à-vis de La France Insoumise (60%).

À droite, si David Lisnard est à créditer d’une avance de quelques points dans les hypothèses de 1er tour sur Bruno Retailleau, qu’en est-il de leurs traits d’image respectifs ? Auprès de l’ensemble des Français, leurs attributs apparaissent relativement similaires : la plus grosse différence concerne leur capacité respective à faire preuve d’autorité, où Bruno Retailleau (43%) devance David Lisnard (39%), tandis que le maire de Cannes se distingue légèrement sur son côté dynamique (44% contre 41%), sympathique (39% contre 36%) et diplomate (39% contre 36%). Au total, 34% des Français estiment que Bruno Retailleau serait un bon président de la République, soit la même proportion que pour David Lisnard. Auprès des sympathisants des Républicains en revanche, l’image de Bruno Retailleau est meilleure sur tous les aspects, en particulier sur la perception de la capacité à défendre les intérêts de la France (84% contre 63% pour David Lisnard) ou sur la compétence perçue du président de LR (83%, contre 63%). La seule dimension sur laquelle David Lisnard se rapproche du jugement porté par les sympathisants LR sur Bruno Retailleau concerne l’ambition : 73% pour le maire de Cannes, 77% pour le sénateur. Notons enfin que bien que 6 à 7 sympathisants LR sur 10 attribuent chacune de ces dimensions au candidat de Nouvelle Energie, les deux dimensions les moins associées à cette personnalité concernent sa capacité à réformer le pays dans le bon sens (62%) et à être un bon président de la République (59%).

Au final, le week-end du 17 octobre ne « rebat pas les cartes » ni ne modifie fondamentalement les rapports de force. Comme le montre le tableau ci-dessous, les motivations de vote restent – dans leur hiérarchie – quasiment inchangées. Progressent les thèmes de l’immigration et de la sécurité tout comme (légèrement) celui des déficits et de la dette.

Les intentions de vote s’inscrivent dans la droite ligne des dynamiques repérées depuis le début de la crise du prix des carburants : installation (provisoire ?) d’un duel Jean-Luc Mélenchon/Marine Le Pen pour le second tour, baisse du camp central et de la droite traditionnelle, et – comme souvent – petite dynamique pour une personne désignée à l’issue d’une primaire, en l’espèce pour Raphaël Glucksmann.

Enquête réalisée par Toluna-Harris Interactive en ligne du 19 au 21 octobre 2026. Échantillon de 2 094 personnes inscrites sur les listes électorales, issu d’un échantillon de 2 500 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).