Enquête réalisée par Toluna-Harris Interactive en ligne du 25 au 26 août 2026. Échantillon de 1 083 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).
Paris, le 28 août,
Tous les mois, Toluna Harris Interactive réalise en partenariat avec LCI un baromètre de confiance politique.
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Que retenir de cette étude ?
Il est trop souvent considéré que les Français se désintéressent de l’actualité et a fortiori de la politique au cours de l’été. Le fait que les intentions de vote réalisées par Toluna Harris Interactive pour RTL et M61 publiées en ce début de semaine montrent des évolutions invalide quelque peu ce propos. Le baromètre que nous réalisons pour LCI en constitue une illustration complémentaire.
Si la confiance en la tête de l’exécutif reste relativement stable (Emmanuel Macron (30%, -1), Sébastien Lecornu (34%, +2)) et qu’elle est tout aussi stable parmi les ministres (Gérald Darmanin restant le ministre enregistrant le plus haut niveau de confiance (32%, -2), devant Laurent Nunez (27%, -2) et Catherine Vautrin (24%, stable)) des mouvements sont à relever chez d’autres responsables politiques.
- Un mouvement au sein du bloc central : Gabriel Attal progresse de 4 points (28%) après avoir enregistré une baisse lors du mois de juillet dont nettement chez les macronistes (74%, +7) alors qu’Édouard Philippe bénéficie de la confiance de 30% des Français, soit un niveau identique à celui enregistré en juillet. Le Maire du Havre bénéficie toujours de la confiance de la majorité des sympathisants Ensemble (80%, -1) et LR (50%, -8).
- Des mouvements au sein de la gauche : une progression conjointe de François Hollande (nette : 25%, +5) et une, moindre, de deux points Raphaël Glucksmann (25%). Ces mouvements d’ensemble en dissimulent d’autres : si le co-président de Place Publique demeure la première personnalité auprès des sympathisants socialistes (63%,) il baisse de 11 points, alors que l’ancien président de la République progresse de 6 points (62%). Le regard à l’égard de François Hollande a progressé de 11 points depuis mai dernier auprès de cette frange de population.
De même Jean-Luc Mélenchon enregistre une dynamique et voit sa cote de confiance progresser (18%, +5) pour atteindre un niveau qu’il n’avait pas connu depuis novembre dernier. Il reste la personnalité recueillant le plus de confiance au sein de sa famille politique (85%, +2).
Ces évolutions ne remettent pas en cause la hiérarchie générale : Jordan Bardella demeure toujours la personnalité politique recueillant le plus de confiance auprès des Français (40%, stable), devant Marine Le Pen (38%, -1). Le député européen recueille la confiance de 87% des sympathisants de sa famille politique. Il reste toujours la personnalité politique recueillant le plus de confiance auprès de cette catégorie de la population, à égalité avec Marine Le Pen (88%, -2).
- A droite, Bruno Retailleau (27%, stable) est désormais dépassé par sa droite avec Éric Ciotti (28%, +3) et Marion Maréchal (28%, stable). Auprès des sympathisants Républicains, il demeure en tête (71%, +2) devant François-Xavier Bellamy (65%, +3) et Nicolas Sarkozy (57%, +15).
Qu’en est-il des autres responsables politiques ayant une vue (affirmée ou non dissimulée vers la présidentielle) ? Xavier Bertrand (avant son annonce lors de la REF 2026 organisée par le Medef) progresse de 2 points (23%), bénéficie de la confiance d’un proche de LR sur deux comme des macronistes ; Bernard Cazeneuve progresse également de 2 points (23%) et de 7 chez les sympathisants socialistes (45%). Dominique de Villepin (21%, +2) quant à lui dispose d’une confiance relativement étale politiquement (ce qui le singularise) : 29% à la FI, 25% au PS, 30% chez les Écologistes, 31% chez les proches du bloc central, 32% chez les LR. François Ruffin, Fabien Roussel ou encore Bruno Le Maire ne voient pas la confiance à leur égard fortement évoluer. David Lisnard, qui a bénéficié d’une forte exposition médiatique au cours de l’été, bénéficie de la confiance de 18% (+1) des Français dont de 41% des proches de LR (+8).
Ces données sont à considérer au regard des débats et évènements de cet été mais également en considérant ceux à venir. A ce titre, plus de huit Français sur dix (82%) estiment qu’il est nécessaire de réduire le budget et de réaliser des économies dès cette année, un niveau en forte hausse par rapport à août 2025 (+7 points) et qui retrouve pratiquement le niveau observé en avril 2025 (83%). Cette demande de maîtrise des finances publiques transcende largement les clivages politiques. Certes, elle est particulièrement forte parmi les sympathisants des Républicains (95%), d’Ensemble (92%) et du Rassemblement National (85%), mais elle reste également majoritaire chez les sympathisants socialistes (81%), écologistes (75%) et même de La France Insoumise (62%).
Pour autant, cette adhésion au principe de la réduction des dépenses publiques ne se traduit pas automatiquement par un soutien aux mesures concrètes envisagées. L’exemple des retraites illustre cette ambiguïté. La désindexation partielle des pensions supérieures à un certain montant recueille des avis divisés : 44% y voient une bonne chose tandis que 55% considèrent qu’il s’agit d’une mauvaise mesure. Les clivages générationnels sont particulièrement nets. Les personnes âgées de moins de 35 ans se montrent (légèrement) majoritairement favorables à cette mesure, alors que l’opposition devient majoritaire chez les personnes âgées de 35 ans et plus et culmine chez les personnes âgées de 65 ans et plus (69%). Sur ce point, en revanche, la préférence politique de répondants œuvre : sympathisants écologistes (65%), d’Ensemble (59%) et dans une moindre mesure du Parti socialiste (55%) approuvent majoritairement cette orientation. A l’inverse, les sympathisants de La France Insoumise (57%), des Républicains (61%) et du Rassemblement National (60%) y sont majoritairement opposés.
Cette logique de rejet est encore plus marquée lorsqu’il s’agit des dépenses de santé. La réduction du remboursement de certains médicaments n’est accueillie positivement que par 29% des Français, contre 70% qui la considèrent comme une mauvaise chose. De même, l’augmentation des franchises médicales n’est approuvée que par 26% des personnes interrogées, tandis que 74% la désapprouvent. Même parmi les catégories les plus ouvertes à ces mesures, le soutien demeure minoritaire. Les sympathisants d’Ensemble apparaissent les plus favorables, avec respectivement 52% et 49% d’opinions positives. Ces résultats traduisent une tension désormais classique : les Français considèrent massivement qu’il faut réduire les dépenses publiques, mais rejettent majoritairement les mesures qui affectent directement les prestations ou les remboursements dont ils bénéficient ou pourraient bénéficier.
Si aucune formation ne recueille la confiance d’une majorité de Français, Le Rassemblement National se distingue : 41% des Français lui accordent leur confiance pour faire de bonnes propositions sur ce sujet et ce nettement devant les autres formations politiques que ce soit Les Républicains (31%), Horizons (30%), Renaissance (26%) ou encore des formations de gauche à savoir le Parti socialiste et Les Écologistes (24%) voire La France Insoumise (21%) quand bien même cette formation a émis une approche suscitant débat. A noter que seul Le Rassemblement National progresse (légèrement) en un an.
Sur ce point comme sur d’autres, on remarque que quelle que soit la question, la réponse est « RN ». Nous l’avions vu lorsqu’il s’agissait des enjeux climatiques2, on le voit en l’espèce. On remarquera qu’il ne s’agit d’ailleurs ni des sujets principalement mis en avant par le RN ni même des premières motivations de vote de leurs électeurs.
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