Enquête réalisée par Toluna-Harris Interactive en ligne du 26 au 30 septembre 2025. Échantillon de 1 065 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).
Paris, le 5 juin,
Toluna Harris Interactive, Séance Publique et l’HEIP ont lancé en septembre 2022 l’« Observatoire Parlement », une étude barométrique qui permet de comprendre comment les Français suivent et s’approprient l’actualité du Parlement, de ses textes et de ses forces politiques. Cette neuvième vague d’enquête fait le point sur la perception des différentes forces à l’Assemblée nationale ainsi que l’image qu’ont les Français de la chambre haute, le Sénat, ainsi que des commissions d’enquête parlementaire. A un an de la prochaine élection présidentielle et du terme du deuxième mandat d’Emmanuel Macron, cette enquête dresse également le bilan des Français sur l’activité parlementaire durant cette période.
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Que retenir de cette étude ?
Une confiance dans la capacité des institutions à changer la vie des Français qui s’améliore légèrement
Interrogés sur les institutions en mesure de changer la vie des Français, les collectivités territoriales (61%), l’Assemblée nationale (58%), le président de la République (57%) et le Premier ministre (52%) sont perçues comme celles ayant le plus cette capacité. Un constat globalement en hausse pour l’ensemble des institutions par rapport à la précédente mesure, réalisée en pleine période d’instabilité parlementaire (octobre 2025). A ce titre, le Sénat se « repositionne » (49%) en progressant nettement par rapport à la dernière mesure (+7).
A l’avenir, la moitié des Français souhaiteraient que les collectivités territoriales aient davantage de pouvoir (49% ; +3 depuis octobre 2025) et un tiers pour les conférences de citoyens tirés au sort (36%, +3). Comme mesuré précédemment, un peu plus d’un tiers des Français penchent en revanche pour une limitation des pouvoirs du président de la République (37%), du Sénat (34%), mais également du Premier ministre (28%) et de l’Assemblée nationale (28%).
Le Sénat, une institution jugée en regard de ses pouvoirs de contrôle de l’Assemblée nationale
Interrogés plus précisément sur le Sénat, les Français témoignent d’une opinion plutôt positive de la chambre haute. Celle-ci est ainsi perçue comme étant un moyen de limiter le pouvoir de l’Assemblée nationale (65%) en ce qu’elle peut améliorer les textes qui sont issus du palais Bourbon (64%), notamment car les Français considèrent que les sénateurs disposent de plus de temps que les députés pour étudier les projets de lois (64%). Des aspects positifs globalement en hausse en comparaison avec la mesure réalisée en début de quinquennat en avril 2023.
Pour 6 Français sur 10, le Sénat est également une institution permettant de limiter les pouvoirs du président de la République. De manière plus générale, le Sénat est majoritairement vu comme étant un lieu permettant un débat posé entre les différentes formations politiques (60%), dans lequel les différents groupes travaillent de concert pour aboutir à des compromis (59%), avec pour objectif d’améliorer la vie de la population (56%). Les Français y accolent également plutôt l’image d’un travail sérieux (54%) et d’échanges constructifs (50%). En revanche, et en cohérence avec ce qui était mesuré il y a 3 ans, seuls 43% des Français estiment que le Sénat est représentatif de la société française (43%).
Interrogés par ailleurs sur les prochaines élections sénatoriales, en septembre, 6 Français sur 10 (59%) ne souhaitent pas que le camp présidentiel dispose de la majorité.
La défiance se maintient à l’égard des parlementaires
A l’instar des mesures précédentes, l’action d’aucun groupe parlementaire ne satisfait une majorité de Français. En effet, seuls 4 Français sur 10 se déclarent satisfaits de l’action des parlementaires du Rassemblement National, formation politique pourtant la plus positivement perçue (43%, =), devant les parlementaires LR/Droite Républicaine (35%, +3), Horizons (32%, +4) et Écologistes (31%, +4). Les parlementaires de l’UDR, la formation politique d’Éric Ciotti, bénéficient d’une forte progression (31%, +6), tout comme les élus du groupe LIOT (31%, +8) dans un contexte de hausse globale par rapport à la mesure de l’automne dernier où la plupart des formations politiques avaient atteint leur plus bas niveau depuis le début des mesures. Moins de 3 Français sur 10 se déclarent satisfaits en revanche des parlementaires socialistes (29%, +4), Renaissance (27%, +4), communistes (25%, +7), insoumis (23%, +8) ou encore du MoDem (23%, +4).
Comme lors des précédentes législatures, les Français considèrent majoritairement que l’opposition au gouvernement au sein du Parlement est le mieux représentée par les parlementaires du Rassemblement National : 40% (-4), devant les élus insoumis (26%, +2) et socialistes (10%, -1).
Dans ce contexte, les sympathisants de chaque formation politique apparaissent partagés quant à l’attitude à adopter face à aux projets de loi du gouvernement. Les sympathisants Ensemble notamment se montrent plus partagés encore que lors de la dernière mesure entre un soutien à tous les projets de loi du gouvernement (51%, -7) ou bien au cas par cas (47%). Les sympathisants socialistes et des Républicains estiment par ailleurs majoritairement (70%) que leurs parlementaires respectifs devraient voter au moins certains projets de loi du gouvernement (et seulement 7% qu’ils devraient s’opposer à tous). Auprès des formations politiques d’opposition enfin, on note que seule une minorité des proches du RN s’attendent à une attitude de rejet de tous les projets de loi du gouvernement (24%), les sympathisants insoumis se montrant un peu plus fermes (35%).
Lors de cette vague, les Français ont également été interrogés sur leur perception des commissions d’enquête parlementaire, c’est-à-dire ces initiatives parlementaires au titre du contrôle de l’action gouvernementale, dans un contexte où la commission d’enquête sur l’audiovisuel public avait été particulièrement médiatisée. D’une part, les Français associent à ces commissions d’enquête une utilité : pouvoir informer les parlementaires (64%), les Français (63%), proposer des recommandations (67%) et rendre publics des dysfonctionnements (67%), mais aussi pouvoir contrôler l’action du gouvernement (62%). Si les Français se montrent plus partagés concernant le fait que ces commissions travaillent de manière sérieuse (58%) et où les groupes parlementaires différents travaillent ensemble pour aboutir à des compromis (58%) et permettre un débat posé entre les différentes forces politiques (57%), une majorité d’entre eux estiment également que les commissions d’enquêtes parlementaires permettent aux parlementaires de s’en servir pour leur communication personnelle (58%) et seuls 43% considèrent qu’elles disposent de pouvoirs trop importants.
Un bilan sévère des dernières législatures dans l’esprit des Français et une situation d’absence de majorité source de blocages
La dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 et la situation de blocage qui a suivi depuis a engendré une polarisation d’opinion chez les Français. La moitié d’entre eux considère que cette redistribution des cartes représente une bonne chose, cela incitant les députés à dialoguer pour aboutir à un compromis (47%), l’autre moitié estimant au contraire que cela crée des situations de blocage (52%), notamment pour les sympathisants LR (68%) et Ensemble (58%). Un jugement négatif sur cette situation que l’on observe à chacune des mesures effectuées depuis le début de la nouvelle législature. Rappelons que quelque mois après les élections législatives de 2022, 71% estimaient que la situation de majorité relative du camp présidentiel était une bonne chose.
Ainsi, les Français portent un regard majoritairement négatif sur le rôle qu’a pu jouer l’Assemblée nationale sous le deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron. Marqués par les débats annuels autour du budget, la réforme des retraites et la dissolution, les Français considèrent que, depuis 2022 et le début du deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron, la chambre basse n’a bien joué ni son rôle consistant à discuter et voter les lois (66%) ni sa mission de contrôle du gouvernement (61%). Notons que les sympathisants d’aucune formation politique n’estiment majoritairement que l’Assemblée nationale a bien joué son rôle de discussion et de vote de la loi, et que seuls les sympathisants Ensemble considèrent que l’Assemblée a bien contrôlé l’action du gouvernement (60%).
Interrogés sur les deux votes de censure (du gouvernement Barnier) et de non-confiance (du gouvernement Bayrou) ayant marqué cette période, les Français sont une majorité à considérer ces situations négativement, car elles auront déstabilisé le système politique (54%) – alors que 53% des Français approuvaient la censure de Michel Barnier en décembre 2024 et que 68% déclaraient souhaiter le départ de François Bayrou de Matignon début septembre 2025, preuve d’une relecture des évènements a posteriori. Cette opinion est d’autant plus soutenue par les sympathisants Ensemble (65%), LR (59%) mais aussi par les soutiens du RN (55%) et du PS (52%), alors que seuls les insoumis estiment majoritairement qu’il s’agit d’une bonne chose car l’Assemblée nationale aura joué son rôle de contrôle de l’action du gouvernement (61%).
Enfin, en demandant aux Français de se projeter vers de nouvelles élections législatives, moins d’1 Français sur 2 souhaiterait que Renaissance dispose d’une majorité, comme mesuré depuis le début de la législature. Plus précisément, 14% des Français souhaiteraient que Renaissance et ses mouvements alliés (MoDem, Horizons) obtiennent une majorité absolue à l’Assemblée nationale, 28% une majorité relative. A l’inverse, 55% des Français se positionnent dans ce scénario en faveur d’une cohabitation. Une position largement partagée par l’ensemble des proches de formations politiques d’opposition. Notons par ailleurs qu’à l’heure actuelle, seuls 43% des proches de l’ancienne majorité présidentielle souhaiteraient que leur formation obtienne une majorité absolue à l’Assemblée nationale (contre 39% une majorité relative).
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