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INFLUENCES 2027

Toluna

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Vague 1 : La santé

Sondage Toluna Harris Interactive pour

Paris, le 27 octobre 2026,

À l’approche de la prochaine élection présidentielle, Toluna Harris Interactive a lancé pour Euros/Agency INFLUENCES 2027, une série d’enquêtes sur six sujets thématiques qui seront particulièrement centraux dans le cadre de la campagne. La première vague s’intéresse à la perception des Français des enjeux en matière de santé. L’enquête se penche notamment sur le constat que font les Français de l’état du système de santé, des difficultés qu’ils rencontrent personnellement et de leurs attentes pour les prochaines années.

Vous retrouverez ci-dessous les grands enseignements de cette enquête.

Que retenir de cette étude ?

La santé, un sujet prioritaire mais considéré comme pas assez pris en compte dans les débats politiques

Parmi l’ensemble des thèmes testés, l’accès à la santé arrive en tête des priorités pour les mois à venir : 84% des Français jugent cet enjeu prioritaire. Il devance les prix de l’énergie (73%), le niveau des salaires et le pouvoir d’achat (72%) ainsi que la sécurité des personnes et des biens (72%). L’importance donnée au sujet de l’accès à la santé est par ailleurs partagée par l’ensemble des catégories de population et reste élevée quels que soient l’âge, le territoire, la catégorie-socio-professionnelle ou la proximité partisane, même si elle apparaît encore plus prononcée chez les plus âgés (« prioritaire » pour 91% des personnes âgées de 65 ans et plus).

En dépit de cette priorité accordée à l’accès à la santé par les Français, ces derniers ont dans le même temps le sentiment que cet enjeu n’est pas traité à la hauteur de son importance dans les débats politiques : 74% estiment ainsi que la santé n’y est pas assez présente, contre 17% qui jugent sa place équilibrée et 8% qui la trouvent trop présente.

Un système de santé perçu comme étant en déclin depuis plusieurs années

Lorsqu’on interroge spontanément les Français au sujet du système de santé dans le pays, si beaucoup reconnaissent sa spécificité et ses avantages, cette image positive est largement teintée d’un constat de dégradation. Les notions qui reviennent le plus souvent sont celles de manque (de moyens et de soignants), des problèmes d’accès aux soins et des difficultés rencontrées par l’hôpital public.

Ce regard est confirmé par l’évolution de la perception du bon fonctionnement du système de santé, puisque seuls 36% des Français estiment qu’il fonctionne bien aujourd’hui, contre 63% considérant qu’il fonctionne mal. Ce niveau s’inscrit dans une tendance à la baisse marquée au cours des dernières années : la proportion de Français portant un jugement positif sur le système de santé était encore majoritaire en 2022 (56%) et atteignait même 70% en 2020 dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Les critiques sont par ailleurs encore plus fortes chez les femmes, les habitants des zones rurales, les personnes âgées et les sympathisants du Rassemblement national. Le regard porté sur l’avenir du système de santé n’est guère plus favorable : 31% des Français se disent confiants pour les années à venir, un niveau qui décroit également progressivement depuis 2020.

Malgré ce constat défavorable, les Français font largement confiance aux professionnels de santé pour améliorer le système de santé (infirmiers : 85% ; médecins généralistes : 80% ; pharmaciens 80% ; médecins spécialistes : 77%). À l’inverse, l’État est le seul acteur suscitant majoritairement de la défiance à ce sujet : en effet, seuls 30% des Français lui accordent leur confiance.

Le constat d’un manque de moyens mais pas de concessions particulièrement envisagées

Comme indiqué précédemment, les Français sont relativement nombreux à associer le système de santé au manque de moyens et, lorsqu’on les interroge plus spécifiquement sur cette dimension, ils sont une très large majorité à soutenir cette affirmation (86%). D’autres chiffres confirment ce sentiment : 84% considèrent que les dépenses de santé sont appelées à augmenter à l’avenir et seuls 26% jugent qu’aujourd’hui l’État dépense trop en matière de santé. Plus précisément, les Français identifient des domaines particulièrement en tension. C’est d’abord le cas de l’hôpital public, pour lequel 67% jugent que les moyens qui lui sont accordés sont insuffisants. Viennent ensuite la santé mentale (63%), la santé et l’accompagnement des personnes dépendantes ou en perte d’autonomie (59%) et l’accès aux soins (57%). À l’inverse, les jugements sont un peu moins sévères concernant d’autres aspects du système de santé comme la prévention et le dépistage (36%) ou la lutte contre les maladies graves (44%).

Les Français opèrent par ailleurs une distinction assez nette entre les différentes professions de santé en matière de rémunération. Si une majorité considère que les pharmaciens (75%) et les médecins (68%) sont suffisamment rémunérés, cela ne vaut ni pour les infirmiers (31%) ni pour les personnels d’hôpital (28%).

Au-delà de juger les moyens alloués au système de santé insuffisants, les Français expriment dans le même temps des réserves quant à la manière dont les ressources existantes sont utilisées : 26% seulement considèrent que l’argent public aujourd’hui consacré à la santé est bien utilisé, tandis que seuls 31% estiment que les mesures contre la fraude en matière de santé sont suffisantes.

Pour autant, ce diagnostic sévère ne se traduit pas par une adhésion prononcée à des solutions de financement supplémentaires ou à une moindre générosité du système de santé dans l’optique de préserver son bon fonctionnement. Toutes les mesures d’économies testées sont en effet rejetées par une majorité de Français : la réduction du remboursement de certains soins et médicaments n’est soutenue que par 36% de la population, une hausse d’impôts dédiée à la santé par 32%, une hausse des cotisations sociales par 30% et une réduction du niveau de prise en charge de la Sécurité sociale par 28%. Plus largement, 44% des Français déclarent même être opposés à l’ensemble de ces mesures.

Les difficultés d’accès aux soins, un autre aspect mis en avant par les Français

Les difficultés d’accès aux soins étaient également particulièrement présentes dans les évocations spontanées des Français et se traduisent par les expériences personnelles dont ils témoignent. Ainsi, plus de la moitié d’entre eux déclarent avoir renoncé à consulter un médecin au cours des douze derniers mois (59%), principalement pour des raisons de disponibilité (51%), mais aussi de coût (33%) et d’éloignement (30%). Ce renoncement touche d’ailleurs encore plus spécifiquement certaines catégories de la population :  les femmes, les moins de 35 ans et les foyers les plus modestes.

Cette préoccupation vis-à-vis de l’accès aux soins se vérifie aussi par le regard porté sur la capacité du système de santé à affronter les évolutions à venir. Si pour l’ensemble des enjeux testés, une majorité de Français estime le système mal préparé, ils sont encore plus sévères concernant le manque de soignants dans les années à venir : 16% seulement considèrent le système de santé bien préparé à faire face à cet enjeu.

Dans cette même logique, la question du personnel soignant apparaît comme centrale parmi les priorités d’action. Les deux mesures relatives au système de santé jugées les plus prioritaires par les Français sont une meilleure répartition des médecins et soignants sur le territoire (57%) et la formation de davantage de professionnels de santé (51%). Elles devancent la modernisation de l’équipement des hôpitaux publics (41%), dont a vu qu’il s’agissait également d’un aspect cité par un certain nombre de Français de manière spontanée.

Enfin, sur la question de l’accès aux nouveaux traitements, les Français privilégient plutôt la prudence : 60% estiment qu’il faudrait maintenir des procédures d’évaluation exigeantes, même si cela retarde l’accès à certains traitements, plutôt que de permettre un accès plus rapide, quitte à accepter davantage d’incertitudes sur leur efficacité (39%).

La confiance envers les candidats à la présidentielle en matière de santé

Dans la perspective de l’élection présidentielle, lorsqu’on demande aux Français s’ils ont confiance en différentes personnalités politiques pour faire des propositions qui vont dans le bon sens en matière de santé, la défiance l’emporte pour chacune d’entre elles. Il faut néanmoins noter que Marine Le Pen se dégage dans la hiérarchie avec 38% de confiance, devançant Édouard Philippe (30%), Gabriel Attal (30%), Bruno Retailleau (28%), François Hollande (27%) et Raphaël Glucksmann (25%). Les autres personnalités sont en dessous du seuil des 25% ; Éric Zemmour bénéficie du plus faible niveau de confiance (17%).

Cette première vague met en évidence la forte centralité des enjeux de santé pour les Français : ils apparaissent comme le premier sujet de préoccupation pour les mois à venir, alors qu’une large majorité de la population estime que le thème n’est pas suffisamment présent dans les débats politiques. Dans le même temps, le jugement porté sur le système de santé est sévère : son fonctionnement actuel est largement critiqué et perçu comme se dégradant, son avenir inspire peu de confiance, et certaines insuffisances sont particulièrement visibles aux yeux des Français, notamment le manque moyens humains et financiers et les difficultés d’accès aux soins. Les Français expriment en réponse à ce constat une attente claire de renforcement du système de santé, tout en ne soutenant pas forcément des mesures qui impliqueraient une hausse des prélèvements ou une baisse du niveau de prise en charge.

Enquête réalisée en ligne du 18 au 20 août 2026.

Échantillon de 1 079 personnes représentatif de la population française métropolitaine âgée de 18 ans et plus.

Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : – sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et taille d’agglomération de l’interviewé(e) au niveau régional – région de l’interviewé(e) au niveau national.